Nous ne demandons pas à intégrer ce monde en folie. Nos géniteurs décident plus ou moins pour nous. Ils choisissent (?)  un prénom, celui qui leur plaît, pas vraiment par choix (mode ; projections ; compensations…)

Et ils poursuivent leur vie. Bien qu’ils fassent plus ou moins leur maximum pour nous, le facteur chance, le destin pour d’aucuns, s’occupe de nous sans que nous n’ayons notre mot à dire.

J’entends et je regarde hébété le radiologue à l’issue d’une scintigraphie à destination des lombaires et des cervicales (vieux souvenir d’un accident):

 -vous avez connu des problèmes avec vos poumons ?

- non, jamais

-vous avez une tâche au lobe supérieur du poumon gauche…à explorer. Je le note dans mon compte-rendu

 

Les doutes commencent à m’interpeller. Bon, pas de panique, d’abord un contrôle spécifique. Mon médecin référent n’y croit, lui qui n’a jamais rien observé, et prescrit sans conviction une radio.

 

Ce qui apparaissait comme n’étant que de simples  doutes devient alors des suspicions au point de retourner au film X pour un scanner dans la foulée… et qui les confirment cette fois

 

Qu’à cela ne tienne, nous en saurons davantage à la biopsie lors de l’endoscopie du pneumologue. J’ai horreur des fibroscopies intrusives.

Le résultat rassure : une infection, certes, mais rien de malin. Toutefois un TEP-scan en médecine nucléaire est ordonné prescrit. Là encore, suspicions confirmées sans plus.

 

La conférence en RCP d’oncologie thoracique (Radiologue-Cancérologue-Pneumologue) donne alors ses conclusions :

- prise en charge chirurgicale : wedge (résection cunéiforme périphérique du poumon) + extemporané, suivi d’une lobectomie supérieure gauche (ne pas se tromper entre la droite et la gauche svp ; merci), et curage médiastinale si l’extemporané est en faveur (j’adore !)d’une origine maligne

 

Il est temps de mettre en place l’un des mécanismes de défense privilégié en pareille situation : le déni…conscient cependant !

 

Le rationnel qui se veut tantôt rassurant, tantôt vraiment réaliste, me conduit à penser qu’aux termes des statistiques un Français sur deux a ou aura un cancer. Pourquoi pas moi ? L’accident n’arrive pas qu’aux autres. Et rien ne prouve qu’il s’agit bien d’un cancer dans l’attente de l’extemporané. Et…etc…etc…

 

Le rendez-vous préopératoire avec le chirurgien est exemplaire au niveau des mots pour le dire :

-je n’ai jamais vu une image pareille. Pour moi, c’est un cancer à 95%. C’est une opération lourde. Il faudra que je coupe un morceau d’une de vos côtes, on est trop près du cœur, je préfère vous le dire avant que vous ne le découvriez en post-opératoire.

 

Oups ! Heu ... vous ne connaîtriez pas un chirurgien un peu plus cool svp ?

 

 

A suivre

 

Le Galérien