Cela devenait inéluctable. Les échanges de messages à partir d’un blog se croisent et s’entrechoquent, disparaissent puis reviennent, se font de plus en plus intimes pour certains…Et puis un beau jour, c’est la déclaration !

Voila, on ne se connaît que par nos écrits, on s’envoie ou pas une photo, et c’est parti pour une  romance capable de vous rendre accro au point d’être en manque quand l’autre tarde à répondre.

Mais alors, c’est quoi l’amour virtuel ? Une histoire provisoire ou…. ?

Sur le site aufeminin.com, entre autres, on peut lire qu’il s’agit d’une “idéalisation renforcée comme toute rencontre amoureuse. L’amour virtuel renforce obligatoirement la nature irréelle de la relation et risque ainsi de maintenir les partenaires dans une idéalisation de l’autre. Ce risque se trouve renforcé par l’effet d’image de soi que chacun peut transformer à sa guise par une simple modification de son profil.

"L’amour virtuel peut également représenter une garantie pour tous ceux qui perçoivent l’amour comme un danger pour leur bien-être et leur liberté. Certains souffrent en effet d’une perturbation du lien à l’autre et peuvent craindre d’être blessés, manipulés ou influencés par un éventuel partenaire (la crainte d’être influencé, c'est-à-dire la peur d’intrusion est la seconde angoisse fondamentale du Moi ").

Un article dans le Monde apporte quelques réponses quantitatives. “Peut-on s'aimer sans se voir ? Ou du moins commencer à nourrir un sentiment amoureux ? Les Français le croient. Près d'une personne sur quatre a déjà été inscrite sur un site de rencontres et 40 % des gens seraient prêts à le faire s'ils se retrouvaient célibataires. C'est ce qui ressort d'un sondage IFOP réalisé en ligne auprès de 2005 personnes du 4 au 19 janvier pour Femme actuelle“.

Internet serait-il devenu un moyen de rencontre parmi d'autres ? En réalité, l'amour numérique ne répond pas aux mêmes règles que la rencontre dans une soirée ou au bureau, bref dans la vraie vie. Plus intense, il s'embrase vite avec les mots, mais le passage à la réalité peut être très décevant. "Il y a dans l'échange de mails amoureux une progression qui fait monter le désir, explique Pascal Couderc, psychanalyste et auteur d'un livre récent sur le sujet, L'Amour au coin de l'écran, (éd. Albin Michel). Petit à petit, l'échange se charge d'une intensité érotique, les mots agissent comme des caresses mutuelles, dans une complicité et une écoute parfaites."

Sans frein pour la ramener au réel, l'imagination s'emballe. "Tous les amoureux numériques qui se sont trompés sur leurs propres sentiments autant que sur ceux de l'autre sont tombés dans les mêmes pièges", explique le psychanalyste. Car la relation amoureuse qui commence par de l'écrit est avant tout fantasme et projections. "Elle est faite de rêves induits par les propos de l'interlocuteur, déduits de ses réponses, poursuit-il. Plus on a le désir d'aimer, plus on perçoit positivement l'image de l'autre."

Parce qu'on souffre d'un manque, on va s'imaginer que celui ou celle qui est de l'autre côté de l'écran est le ou la partenaire que nous attendions, au risque d'arriver à une construction montée de toutes pièces.

L'idéalisation, décrite par Stendhal, sous le terme de "cristallisation", est fortement majorée par Internet. "Sur un mot de l'autre, on peut broder un roman. L'objet du désir peut ainsi être investi d'attributs qui lui font tout à fait défaut", poursuit Pascal Couderc. Plus ou moins consciemment, on veut coller à l'image de l'autre : il aime tel peintre, on se précipite sur Internet pour le découvrir, il aime tel livre, on fonce l'acheter et faire un commentaire bien senti. On se découvre bientôt des points communs... imaginaires“.

 

Bon, on pourrait épiloguer longtemps et tourner autour du pot de frustrations gratuites en l’absence de la chute. Le plus intéressant n’est-il pas de tenter de vivre quelque chose de personnel au travers d’une histoire réelle ? Chaque lecteur ayant par ailleurs la possibilité d’effectuer les recherches sur le Net qui lui semblent éventuellement nécessaires.

 

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous, êtes-vous en train de vivre ce type de roman numérique ?

 

A bientôt pour vivre cette aventure à vos risques et périls : “Les miroirs feraient bien de réfléchir avant de renvoyer l’image“.

 

Le Galérien